Introduction

L’Union économique et monétaire (UEM) est l’accord passé entre les pays de l’Union européenne (UE) pour adopter une monnaie unique remplaçant les monnaies nationales. Cette monnaie unique renforce les interdépendances entre les politiques conjoncturelles des pays concernés, notamment leur politique budgétaire.

I. Une seule politique monétaire

  • Depuis le 1er janvier 1999, la politique monétaire des pays de la zone euro, mise en œuvre par la Banque centrale européenne (BCE), devient unique ; chaque pays conserve cependant une politique budgétaire autonome.
  • La BCE occupe un rôle central dans la gestion de la monnaie unique. Indépendante du pouvoir politique, elle détermine la politique monétaire de tous les pays appartenant à la zone euro.
  • Les statuts de la BCE stipulent que son objectif principal et quasi unique est la stabilité des prix, c’est-à-dire un niveau d’inflation avoisinant les 2 % (document 2). Pour atteindre cet objectif, la BCE agit sur le taux d’intérêtauquel les banques se refinancent auprès de la BCE. Ces taux d’intérêt s’appliquent à tous les pays, quelle que soit la situation de leur conjoncture économique.

II. Des politiques budgétaires nationales

  • Si la politique monétaire décidée par la BCE s’applique à tous les pays de la zone euro, les politiques budgétaires restent autonomes.
  • Le Pacte de stabilité et de croissance (document 1) précise que les pays de la zone euro ne doivent pas avoir un déficit budgétaire supérieur à 3 % du produit intérieur brut (PIB) ni un taux d’endettement supérieur à 60 % du PIB. Si un pays dépasse ces limites, la Commission européenne peut entamer une procédure de déficit excessifpouvant conduire à des pénalités.
  • Cependant, les objectifs du pacte de stabilité ne semblent pas véritablement atteints au moment où survient la crise, puisque seuls l’Allemagne et le Danemark (ce dernier pays n’est pas dans la zone euro) répondent aux exigences du pacte. Après la crise, le déficit budgétaire fait plus que doubler et dépasse même 10 % en Espagne (document 3).

III. Le renforcement des interdépendances entre les politiques conjoncturelles

  • L’adoption de la monnaie unique a accru les échanges entre les pays de l’UE. Dès lors, toute baisse de la demande dans un pays a des effets sur la croissance des autres car ceux-ci exportent moins (document 2) ce qui provoque un choc de demande négatif ; l’inverse est également vrai.
  • Pour faire face à un ralentissement de l’activité et une hausse du chômage, les pays n’ont d’autre moyen que d’accroître les dépenses publiques car la politique monétaire est décidée par la BCE. Or une augmentation du déficit public risque d’avoir des effets inflationnistes entraînant une politique monétaire restrictive. Cette dernière, favorisant la poursuite de la récession et la hausse de l’endettement peut alors mettre en péril l’existence de l’euro.
  • La coordination des politiques conjoncturelles est d’autant plus nécessaire que, pour beaucoup d’économistes, l’UEM ne constitue pas une zone monétaire optimale par manque de mobilité du facteur travail.

Conclusion

La création de l’UEM a renforcé l’interdépendance entre les politiques conjoncturelles des États membres. Ainsi, une politique monétaire menée exclusivement par la BCE suppose des mesures définies par le pacte de stabilité et de croissance incitant les pays à limiter leur déficit public et leur endettement.